Japon : l’international comme terre d’échange et d’inspiration au service des acteurs de l’hôpital de demain

Propos recueillis auprès de Blandine Rougon-Sarlin, Architecte, Directeur Général A.26 Architectures

Quelles étaient vos attentes concernant votre départ pour le Japon ?

Blandine Rougon-Sarlin :  Sur le plan professionnel, j’étais particulièrement intriguée par la place de la robotisation dans la prise en charge du patient au Japon, ce sujet étant très suivi et commenté en Europe. Aucune des visites effectuées ne m’a permis de voir ce type de prise en charge, soit par volonté de ne pas nous le dévoiler ou parce qu’il s’agit encore d’un sujet peu répandu. Ce voyage m’a cependant permis de rencontrer et de me rapprocher des acteurs japonais qui sont des concurrents de grande valeur notamment sur le marché chinois pour les projets de construction dans les domaines hospitalier et gériatrique. J’ai ainsi pu étudier de plus près leurs réalisations afin de comprendre la plus-value de leurs projets vis-.-vis de ce marché spécifique que nous développons depuis trois ans. Ce voyage m’intéressait également sur le plan personnel car j’avais eu l’occasion de me rendre au Japon alors que j’étais encore étudiante en architecture, en 1987 et j’étais curieuse de constater sur place l’évolution du pays et surtout de voir si la place de leur si belle culture était bien toujours présente.

Quelles ont été les visites qui vous ont le plus marquée durant ce voyage ?

B. R-S. :  J’ai été particulièrement interpellée par la visite du Chiba-Nishi General Hospital traduisant architecturalement une approche très intéressante. La demande d’un médecin pour la conception d’une salle assez atypique, spécifiquement connue pour des interventions simultanées et multiples prenant en compté ses habitudes et ses besoins individuels était aussi un élément pertinent à étudier. J’ai également apprécié la visite du Saku Central Hospital. L’établissement m’a semblé d’une grande qualité architecturale avec un rapport très riche entre les espaces intérieurs et extérieurs et un traitement simple et efficace des patios. Il proposait également une ambiance intérieure particulièrement apaisante. Mon seul regret reste de ne pas avoir pu visiter les espaces d’hébergement.

Quelles ont été vos observations qui pourraient nourrir et accompagner vos réflexions quotidiennes ?

B. R-S. :  Le Japon et sa culture sont assez éloignés de notre mode de vie occidental. De ce fait, les concepteurs d’établissements hospitaliers se permettent la création de chambres à 4 lits ou de vastes espaces communs très difficiles à reproduire dans des hôpitaux européens. En revanche, ces visites complètent mon approche d’une qualité architecturale globale et des rapports entre espaces intérieurs et extérieurs. D’autres points précis à étudier émergeront sûrement à la suite de mes réflexions et de mes échanges avec mes associés et les collaborateurs de l’agence, lors de ma présentation de ce voyage.

Publié dans le Culture, Revue Été/Automne - 2017. Avec ce permalien.